03 février 2012
Jeanne d’Arc, une féministe en pantalon ?
L’abbé Guillaume de Tanoüarn, avec l’association « Avec Jeanne », m’a fait l’honneur de me demander de parler de Jeanne d’Arc, pour répondre lors du colloque du 14 janvier dernier à Paris à cette question : « Jeanne d’Arc, une féministe en pantalon ? » Cela m’a valu de passer 15 jours avec Jeanne. C’est à travers son procès en effet que je me suis efforcée de répondre, puisqu’il tourna essentiellement autour des « habits d’homme » qu’hystériquement on lui reprocha. La présence de Jeanne (surtout dans la traduction de ses paroles faite par Robert Brasillach) est si humaine, si franche, si amicale, si surnaturelle… si explosive même. Comme un bon concerto, ses réponses à ses juges tombent au moment où on les espère, au rythme juste, avec de solennelles affirmations de foi, de belles impatiences et ce qu’il faut de scherzando extrêmement satisfaisants. Merci à l’abbé de Tanoüarn de me laisser publier ici la trame de cette conférence que j’ai eu tant de plaisir à préparer.
Les habits d’homme… Au moment de passer devant ses juges à Rouen, cela faisait tout de même deux ans que Jeanne les portait, sans que cela n’émût ni clercs ni évêques du parti de la France, et qu’elle assistait ainsi à la messe, et qu’elle recevait le Corps de Notre-Seigneur. Mais l’habit d’homme, pris par commodité, était aussi le symbole de son commandement et donc de sa mission.
Cette obsession de l’habit de Jeanne va durablement modeler la manière dont la postérité la percevra, voire, parfois, exploitera son image. C’est sans surprise aucune que je retrouvai cette trace bien présente dans l’histoire du féminisme au XXe siècle qui découvrit la « garçonne » au moment où l’Eglise la béatifiait, puis la canonisait. Comme si Jeanne était morte martyre pour le droit des femmes de porter le pantalon ! Et d’exercer des métiers d’homme… Et d’avoir son autonomie par rapport au père, au frère, au mari… Et pour finir le droit de n’être pas différente de l’homme, et pour aller encore plus loin, contester la loi de la nature pour faire des sexes une invention de la culture qu’il faut abolir vite fait. Le féminisme est en effet à la base de l’idéologie du genre, fléau de notre XXIe siècle déjà bien entamé.
Mais commençons au commencement de ce mouvement féministe.
Dès le XVIe siècle, Renaissance, avec sa fascination pour le droit romain, se lance un mouvement d’intellos, une querelle littéraire, qui au nom de l’humanisme va réduire le rôle de la femme dans la société. C’est un juriste qui s’en charge : André Tiraqueau. Il invente un contrat de mariage à la mode nouvelle qui s’inspire de la toute-puissance duPaterfamilias romain : la femme y est strictement subordonnée au mari. Et tous ses droits qui à l’apogée de l’époque médiévale allaient de soi – vont décliner jusqu’à sa mise en tutelle et en minorité qui culminera avec la Révolution, et Voltaire profondément misogyne comme l’a démontré Xavier Martin, et le code Napoléon.
Mais le mouvement était largement amorcé à la Renaissance où Régine Pernoud affirme même que la femme est moins qu’une mineure dans la mesure où tout acte de la femme mariée est frappé de nullité si son mari n’y consent.
Cette perte de pouvoir porte sur le vote, le commandement, la régence, le consentement au mariage où l’on dérape de nouveau vers la priorité du consentement du Paterfamilias, la gestion des biens, les métiers… Au Moyen Age, les jeunes filles étaient majeures à 12 ans !
Dans cette querelle des femmes, le secrétaire de Guillaume Du Bellay, François de Billon, ulcéré par la misogynie de Rabelais, autre protégé de son maître, invoquera l’exemple de Jeanne d’Arc pour dénoncer les idées nouvelles. Nous sommes en 1547. L’héroïne est donnée en exemple.
Le féminisme français du XXe siècle s’est moins accroché à la figure de Jeanne d’Arc que les féminismes anglo-saxons et… japonais, puisque la sainte française jouit au Pays du Soleil Levant d’un prestige immense (Jeanne la Samouraï ?). Mais il existe tout de même un mouvement catholique, l’Alliance internationale Jeanne d’Arc, fondé à Londres en 1911, avec des bureaux à Paris, avec statut consultatif auprès de l’UNESCO, qui milite pour les droits familiaux dans le monde… et l’accès des femmes à toutes les fonctions ecclésiales.
Mais Jeanne elle-même, était-elle féministe ? En l’occurrence, en ce XVe siècle qui préparait déjà bien des dérives, pas du tout. L’ordre social qui s’est naturellement imposé au Moyen Age et qui n’est pas encore mort, malgré les troubles de la Guerre de Cent ans et les ambitions partisanes, est le fruit, le fameux « surcroît » qui nous est donné lorsque Messire Dieu est premier servi. C’est un ordre d’harmonie qui proclame l’égalité de l’homme et de la femme dans le mariage, l’un ayant droit sur l’autre et réciproquement comme l’explique saint Paul et la femme, n’est ni maîtresse, ni servante, mais associée,« nec domina, nec ancilla, sed socia » comme le disait saint Isidore de Seville. Disons, si vous voulez faire avec moi un peu d’anachronisme, que c’est le XVIe siècle qui marquera le retour du machisme antique.
Il y a l’exemple de Jeanne d’Arc elle-même. Les troubles de la guerre poussent Jacques d’Arc et sa famille à se réfugier à Neufchâtel, en juillet 1428, et c’est là qu’un jeune homme de Domrémy déclare avoir d’elle promesse de mariage. Quel fut le rôle de son père dans cette affaire ? Il avait rêvé que sa Jeannette partirait avec des gens d’armes et en était fort inquiet… Quoi qu’il en soit Jeanne est citée devant l’officialité de Toul où elle va défendre son droit. Seule. Le tribunal la déclare libre de tout lien. Dans cette affaire, elle sait être « tout à fait femme indépendante » (« very much her own woman ») pour traduire lâchement l’expression anglaise aimée des féministes du début XXe.
Et Jeanne, sous l’impulsion de ses Voix, part. Une fois décidé qu’elle ira en France ce sont les habitants de Vaucouleurs qui se cotiseront pour lui acheter les fameux habits d’homme qui lui permettront de se déplacer à cheval et sans danger. Au procès, on tentera de lui faire dire qu’elle a obéi en cela à une injonction de Robert de Baudricourt, mais elle nie farouchement qu’aucun homme lui eût dit de s’habiller ainsi. Sont-ce ses Voix ou tout simplement la nécessité qu’elle-même perçoit ? La réponse n’est pas certaine mais il est sûr qu’au fil de sa mission, Jeanne saura que les Voix – qui expriment la volonté de Dieu – et la mission qu’elle doit accomplir lui imposent les armes et ce qui va avec.
Quel est cet habillement ? C’est un habillement de garçon, toute féminisation en est exclue volontairement comme nous l’apprend Adrien Harmand (il lui consacra une sérieuse étude en 1929). L’objectif de Jeanne est de ressembler en tout point à un homme et il faudra, lorsqu’elle sera captive, que l’on découvre sa poitrine pour s’assurer qu’elle n’est pas un homme mais une femme petite, forte, bien musclée et bien formée pour ses 19 ans. Pourquoi ? Pour sa liberté de mouvements et le besoin de sa cause, mais aussi pour sa propre protection, pour « garder sa virginité de pensée et de corps » comme elle le dit elle-même. Elle se protège des tentations – des hommes mais aussi des siennes propres – ; il est vrai que la première chose promise par ses Voix est de lui apprendre à « se gouverner ».
A Vaucouleurs, Jeanne se revêt de l’habit traditionnel du page : chemise, chaperon, chausses et gippons (presque des collants attachés à la sous-chemise). Adrien Harmand donne ces précisions :
« L’acte d’accusation nous dit encore que les chausses de Jeanne d’Arc se reliaient à son gippon au moyen de vingt aiguillettes. Cette quantité d’attaches était tout à fait anormale, les chausses les mieux tirées ne possédant jamais, d’après les images du quinzième siècle, plus de dix paires d‘œillets réparties comme l’indiquent les trois patrons précités. Nulle part, nous n’avons rencontré un seul exemple de chausses reliées au pourpoint par vingt aiguillettes. Ce nombre inusité d’attaches constitue le seul détail de toilette qui faisait différer le costume de la Pucelle de celui des hommes de son temps. On comprend la raison qui avait fait adopter une telle disposition par notre guerrière.
« Dans leurs témoignages au procès de réhabilitation, Jean de Metz et Bertrand de Poulengy déclarent que pendant les onze jours qu’ils mirent à franchir la distance de Vaucouleurs à Chinon pour mener Jeanne au dauphin, celle-ci dormait chaque nuit auprès d’eux, enveloppée dans une couverture, gardant son gippon et ses chausses bien attachées.
« Le 28 mars 1431, au château de Rouen, lorsque l’accusation reproche à la Pucelle d’avoir, contre toute bienséance, vécu avec des hommes, celle-ci répond à l‘évêque Cauchon, qui lui demande ce qu’elle a à dire à ce sujet, que son gouvernement c’estoit d’ommes ; mais quant au logeys et gist, le plus souvent avoit une femme avec elle. Et quand elle estoit en guerre, elle gesoit vestue et armee, la ou elle ne povoit recouvrer de femmes. Nous considérons d’ailleurs comme ayant été impossible à notre héroïne de nouer elle-même les vingt aiguillettes de ses chausses. L’aide d’une femme lui était donc indispensable toutes les fois que, s‘étant déchaussée pour la nuit, il lui fallait le lendemain rattacher ses chausses à son gippon. »
Habillée en homme, Jeanne adopte au demeurant les manières qui s’attachent à l’habit : elle se découvre devant son roi.
En somme, Jeanne s’habille en homme pour rester pure et ses soldats et compagnons d’armes ont attesté qu’ils ne ressentaient pas de désir charnel pour elle.
Le fait n’est d’ailleurs pas inouï à l’époque puisque – exemple parmi d’autres – Jacqueline de Hainaut, impliquée à travers divers mariages et non-mariages dans une guerre de succession en Brabant, conduira des batailles et endossera elle aussi, vers 1430, des habits d’homme pour échapper aux hommes du duc de Bavière. Ni ses frasques ni sa conduite guerrière, ni même ces pantalons portés sur le terrain ne lui vaudront procès ou condamnation. Elle est pourtant, dans son libertinage et ses frasques, à l’opposé de Jeanne, on aurait pu imaginer des poursuites…
Jeanne d’Arc – qui le savait mieux que quiconque – fut poursuivie pour sorcellerie (mais cette accusation tomba) et pour hérésie, pour port du pantalon : elle fut victime d’un prétexte juridique qui ne tenait pas la route une seconde. D’un procès politique.
« L’habit c’est peu, c’est la moindre chose », dit-elle, peu impressionnée par les citations du Deutéronome et autres savantes accusations qu’on lui balance à la figure. Elle ne se démentira jamais : « J’ai pris habit d’homme parce que j’avais à être parmi les gens d’armes, avec lesquels il était plus sûr et plus convenable de se trouver en habit d’homme que de femme, et ce que j’ai fait, je l’ai bien fait. » Elle dira aussi, plus loin dans le procès, que s’il n’en tenait à elle, elle prendrait habit de femme ; mais qu’elle ne le peut, sa mission n’étant pas accomplie.
Saint Thomas d’Aquin lui-même était venu à son secours avec deux siècles d’avance… C’est dans la Secunda Secundae de la Somme théologique, écoutez-le :
« Nous l’avons dit, la toilette extérieure doit être en rapport avec la condition de la personne, conformément aux usages communément reçus. C’est pourquoi il est de soi vicieux qu’une femme mette des vêtements masculins, ou l’inverse ; et principalement parce que cela peut être une cause de débauche. C’est spécialement interdit par la loi, parce que les païens utilisaient de tels changements de vêtements pour se livrer à la superstition idolâtrique. Parfois cependant, lorsqu’il y a nécessité, cela peut se faire sans péché : ou bien pour se cacher des ennemis, ou bien par manque d’autres vêtements, etc. »
Cet « etc. » ouvre bien des portes…
(Mais comme on rêve d’avoir pu être là pour la défendre, Jeanne, de tenir tête avec ces écrits aux hommes gonflés de savoir qui ne lui ont même pas laissé le droit d’avoir un avocat, comme on rêve de leur balancer les réponses de saint Thomas… Mais cela eût-il changé quelque chose à l’issue du procès ? Non, rien, il était jugé d’avance.)
Même poussée à bout, alors que l’espoir commence à s’échapper pour de bon, Jeanne soulignera l’injustice du procès, qui ne tient pas : « Qu’est-ce que l’Eglise ? Quant à ce qui est de vous, je ne veux pas me soumettre à votre jugement, parce que vous êtes mon ennemi capital. » Et peu après : « Ha ! Vous écrivez bien ce qui va contre moi, et vous ne voulez pas écrire ce que va pour moi. »
C’est en protestant de sa soumission à l’autorité de Dieu et à l’enseignement de l’Eglise que Jeanne d’Arc traversera son procès inique. Elle ne répond décidément à aucun des critères du féminisme qui est en révolte contre le « paternalisme », la société patriarcale, tout ordre établi.
En passant : le féminisme est une réaction, même si elle est absurde, excessive, révolutionnaire. Une réaction à la misogynie de la Renaissance et à la stupidité d’un certain XIXe siècle, comme le communisme réagit à l’insupportable injustice de la condition ouvrière…
Le comportement de Jeanne n’est pas d’opposition, ni de révolution.
Jeannette à Domrémy était tenue en sujétion, car son père craignait – toujours ce songe… – qu’elle ne file avec des soldats. C’est ainsi qu’elle rentre vite quand on l’appelle… pour sa première rencontre avec saint Michel.
Elle œuvre pour le roi et non pour elle-même.
Elle garde sa fierté féminine de savoir coudre et filer.
Elle rêve du jardin de son père.
Elle s’inquiétera des enfants et de ceux qui souffrent, livrant bataille pour eux.
Elle s’occupera de sa garde-robe, aux couleurs chatoyantes, bords de fourrures, draps d’or.
Elle reçoit là où elle loge, fait servir les repas et couler le vin.
Elle sait parler aux hommes avec cette voix si belle qui a fait plus impression que son allure : « beau duc, gentil dauphin »…
Elle refuse de tuer et aime 40 fois mieux son étendard que son épée trouvée par miracle, qu’elle ne porte pas à la bataille de peur de s’en servir, on raconte qu’elle la brisa en frappant une prostituée à Saint-Denis avec le plat. Elle n’est pas superstitieuse non plus…
Elle déteste le blasphème, l’ivrognerie et surtout – comme son père – la débauche parmi ses hommes mais veille à ce qu’ils mangent, boivent et se reposent avant la bataille. Elle gère un petit trésor de guerre, « peu de chose », de 12 000 écus, 12 chevaux mais ne veut rien pour elle.
Confrontée à une soi-disant prophétesse, Catherine de La Rochelle, elle lui recommande vertement de retourner à ses casseroles, pour s’occuper de mari et enfants.
Elle a terriblement peur du feu ; elle est émotive et pleine de compassion même lorsque ses ennemis meurent…
Elle recherche la pureté et en toute chose et veut seulement faire la volonté de Dieu, que les décisions lui soient dictées ou que ses Voix la laissent libre des choix à poser.
La légende noire de Jeanne d’Arc est arrivée vite. On la trouve dans Shakespeare (Henri VI, 1e partie). Puis dans toutes les explications rationalistes qui sont les plus machistes ou « paternalistes » de toutes ; elle était fille de roi, elle était un homme, elle était parfaitement préparée à la guerre, comme si la vraie Jeanne d’Arc était par son sexe ou par sa naissance radicalement incapable d’accomplir sa mission.
On la trouve chez les féministes elles-mêmes : catholiques, cela fait près d’un siècle qu’elles en font l’égérie du « langage inclusif » et qu’elles réclament en son nom l’accès à certaines fonctions dans l’Eglise.
Les pires légendes noires font d’elle une lesbienne – comme l’a osé la romancière Vita Sackville-West.
Rien dans sa vie ne correspond à ces calomnies. Jeanne ne se battait pas pour la libération de la femme ; elle réclamait simplement justice et vérité, jusqu’à souligner humblement que son épopée n’aurait pu avoir lieu sans l’intervention divine. Et le respect de la loi divine.
Le féminisme est à l’opposé de cela.
C’est le refus de la nature, le refus de la maternité. Son édifice idéologique repose sur le refus de la féminité même assurée à maints renforts de pilules et autres contraceptifs qui permettent de rejeter toute contrainte (sauf celle de la domination masculine).
Le féminisme, en tout cas aujourd’hui, n’a rien à voir, il me semble, avec le pantalon, mais avec une disposition de cœur.
A force de désincarner la femme, et l’homme, ce féminisme aboutit à l’idéologie du genre, ou tout est recherche de soi, justification de tout plaisir, réduction asphyxiante de l’amour à sa seule dimension charnelle choisie au hasard et indépendamment du sexe biologique qui lui-même est tenu pour rien.
Ce féminisme refuse fondamentalement le don de soi en faisant disparaître l’autre ou en le réduisant à un miroir ; il embarque les hommes qui sont prêts à se fondre dans une même et étrange androgynie.
Enseignée dans nos écoles.
Imposée dans nos lois.
Si Jeanne revenait, je n’ose imaginer sa colère. Mais peut-être ne s’étonnerait-elle pas de voir quelques hommes d’Eglise choisir là aussi le parti de l’ennemi…
Jeanne la Pucelle ne supporterait pas cette époque qui glorifie le vagabondage, qui tue ses enfants sans que l’ennemi ait coup à férir, qui étale le « porno-chic » sur nos murs. Sa pudeur était vive, en habits d’homme ou non.
L’un des paradoxes de Jeanne, souligné par Chesterton, est qu’en son époque la France souffrait des rivalités humaines et des désordres de toute sorte tandis que l’Angleterre était en gros paisible et que Henri VI pouvait paraître un meilleur souverain. Oui, mais pas pour la France !
La France épargnée du protestantisme, cependant, grâce à Jeanne…
Paradoxe encore : Jeanne intervient alors que la chrétienté commence à décliner, la modernité s’installe… est-ce pour cela qu’elle est morte ? Ou pour les saints qui allaient lui succéder ? Le bien que Dieu attend malgré tout et toujours de la France pour le monde ? Ces temps contemporains où Régine Pernoud voyait une étrange et certes imparfaite affinité avec les temps médiévaux ?
Aujourd’hui la nation se délite, mais au-delà, avec elle et dans des proportions inouïes, tout le sage agencement de la société voulu par Dieu et dont l’équilibre nous vient si peu souvent, par nos excès et par nos défauts. Si nous avons besoin de Jeanne, nous savons combien elle a passionnément aimé cette terre, sa façon d’être, sa vie paisible qui n’était pas pour les Anglais.
Lorsqu’il fallut une Jeanne – nous révélait la sainte elle-même – Dieu se laissa toucher par les prières de saint Louis et de Charlemagne. Alors qu’on cherche à ôter l’image de Dieu des hommes, du couple « homme et femme » dans sa relation complémentaire et féconde, nous avons besoin de quelqu’un qui plaide cette cause devant Dieu ; elle est là.
Elle est, par le corps et le sang du Christ que nous partageons, plus sûrement notre grande sœur que nos propres sœurs, maternelle dans son désir de paix et de bien pour cette pauvre France – pauvre seulement quand elle oublie quelle est sa noblesse, et de qui elle la tient.
JEANNE SMITS
Article extrait du n° 7528 de Présent, du Samedi 28 janvier 2012
http://www.present.fr/article-21113-7528.html
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